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Honneur au prince sous son nom ! La condition de l'homme est obscure. Et quelques-uns témoignent d'excellence. Aux soirs de grande sécheresse sur la terre, j'ai entendu parler de toi de ce côté du monde et la louange n'était point maigre. Ton nom fait l'ombre d'un grand arbre. J'en parle aux hommes de poussière sur les routes ; et ils s'en trouvent rafraîchis.
Saint John Perse, Eloges, III.
L'analyse didactique est le temps préalable, fondamental, de la maîtrise ultérieure d'un champ de relations : celui qui lie l'analyste et l'analysé. Comme telle elle est toujours inéluctablement la rencontre avec un Maître. Par delà l'image que fut pour moi Maurice Bouvet au cours de cette cruciale expérience et de son dénouement, je parlerai de son enseignement. De celui qui gît maintenant déposé dans le témoignage de son œuvre.
Les travaux psychiatriques de Bouvet qui inaugurent son entrée dans le métier indiquent son intérêt pour tous les secteurs de la pathologie mentale.
Sa thèse de médecine (1939) sur les troubles du métabolisme azoté dans les maladies mentales fait preuve de son besoin de rigueur, de son honnêteté intellectuelle et du tempérament de chercheur qui trouvera son plein emploi ultérieurement en psychopathologie. Ses premières publications (1939-1945) — cependant toujours signées en second et où rien ne se devine de ses préoccupations ou de ce qui sera plus tard son style — s'étendent des démences aux névroses, prenant au sérieux la pathogénie organiciste des maladies mentales et considérant avec attention les tâtonnements d'une psycho-chirurgie alors naissante. Cette période fut celle pour lui de la traversée du pont qui