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Maurice Bouvet dont pour nous, réceptacles de son souvenir, l'absence est ce soir la plus poignante présence, serait heureux, est heureux de cette assemblée qui, nous unissant autour de lui et par lui, l'arrache à sa mort. L'Évolution psychiatrique à laquelle il appartenait si profondément, prend sa place dans cette veillée de deuil, et je dois ici pour elle témoigner de son unanime douleur. Maurice Bouvet était pour nous un collègue idéal, si nous entendons par là qu'il incorporait en lui-même l'idée fondatrice de notre Société. Il participait à son esprit, même si sa santé le tenait, hélas ! trop écarté de nos travaux. Sa pensée était une des formes privilégiées de notre commune recherche. Cet esprit de l'Évolution psychiatrique n'était-ce pas celui-là qui animait sa pratique et sa doctrine de l'acte psychothérapique lorsque, tentant de sonder et d'éclairer la profondeur des troubles psychiques, il ne perdait pas de vue la physionomie clinique de leur opacité, ni les relations par quoi la relation, pathologique objectale, la nostalgie des objets perdus, ne cesse jamais de se réfracter chez nos malades dans le chancellement de leur monde et le lieu corporel de leur existence ? Comment ne pourrais-je pas évoquer sans l'émotion qui me la fit aimer, sa merveilleuse exposition psychopathologique de la névrose obsessionnelle, au terme de laquelle je lui dis à lui-même ce que je ne puis maintenant répéter qu'aux autres, que j'avais entendu de sa bouche de psychanalyste une vérité mesurée et accordée à celle du psychiatre ? Oui, l'idée que représentait Maurice Bouvet, l'idée qui la consumait, c'est l'idée même dont vit notre Société, celle d'une pathologie totale de l'homme malade, qui permet et exige cette perpétuelle synthèse en quoi s'affirme toute science de l'homme dont l'analyse ne décompose les éléments que pour les recomposer, ne découpe l'être que pour déjouer ses illusions.
Ce psychiatre psychanalyste rigoureux, ce mathématicien de l'inconscient, je le vois à l'o