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Il peut paraître déplacé de parler du style de Maurice Bouvet, du moins au sens littéraire du mot, l'auteur ayant évidemment eu autre chose en vue dans son œuvre qu'une réussite esthétique. Néanmoins, je ne crois pas me tromper en accordant une valeur spéciale à une manière d'écrire remarquable en soi, et dont on ne laisse pas d'être frappé alors même que toute l'attention se porte sur le contenu de l'œuvre.
Entre la personne de Maurice Bouvet, telle que nous l'avons tous connue, et cette « écriture » qui caractérise autant sa recherche que son action pédagogique, il y a à première vue un contraste surprenant. D'un côté —- et là, je livre bien entendu une impression toute personnelle qu'une plus grande familiarité eût peut-être enrichie — une courtoisie, une discrétion un peu conventionnelles qui, prolongeant dans la vie la réserve psychanalytique, donnaient le sentiment que les mots, ici, étaient encore une espèce de silence. De l'autre, une abondance, une ampleur, une générosité qui ne garde rien par devers soi et ouvre au lecteur ou à l'auditeur — en l'occurrence c'est tout un — le champ entier d'une pensée qui ne révèle pas seulement son objet, mais le mouvement de sa propre élaboration. On dira que cette opposition est banale, et que par la force même des choses, aucun analyste n'y échappe. Sans doute, mais dans le cas de Maurice Bouvet, elle est singulièrement renforcée par certains traits du langage dont le rôle apparaît significatif même à la lecture la moins grammaticale. Chacun a remarqué les longues phrases formant parfois tout un paragraphe, les nombreuses propositions attachées les unes aux autres et donnant l'impression d'une sorte de train d'idées presque indéfini, la sinuosité d'un discours, enfin, par quoi l'attention est à la fois retenue et déroutée. Dans cette organisation particulière qui, si elle alourdit la lecture, favorise la richesse de l'exposé, les divers éléments — description des phénomènes, référencés érudites, relation de cures, réflex