You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Ce rapprochement peut surprendre. Comment Freud, ce champion de l'athéisme qui a scruté et démonté, justement, les sentiments religieux, peut-il avoir encore affaire avec l'idéologie judéo-chrétienne dont il apparaît comme le liquidateur définitif ? Mais surtout, comment associer son nom à l'orthodoxie, lui, le révolutionnaire par excellence, le « briseur de lois », le nouvel Œdipe ? Aussi faut-il que je précise dès maintenant ce que j'entends par orthodoxie judéo-chrétienne.
Depuis des siècles, sans doute plus de deux millénaires, on peut distinguer, dans la civilisation occidentale, deux familles d'esprit, ou mieux deux tendances, qu'il est classique de situer par rapport aux œuvres des plus illustres docteurs de la religion judaïque et de la religion chrétienne, œuvres elles-mêmes édifiées à partir de l'Ancien Testament, avec, pour la religion chrétienne, l'ajout du Nouveau. Les différences entre ces religions ne sont pas négligeables, mais, il se dégage de leur confrontation une anthropologie commune, une conception commune de la nature de l'homme et de ses relations avec le transcendant. La tendance qui est dans la ligne de ces œuvres peut être dite orthodoxe, je l'opposerai à l'autre qui groupe les diverses anthropologies dites hérétiques. Ce sont là des dénominations commodes en ce qu'elles sont traditionnelles ; sous chacune d'elles j'essaierai de rassembler des caractères aussi simples que possible qui me semblent, dans l'un et l'autre cas, tenir ensemble.
Le problème est maintenant de se demander si ces deux conceptions :