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Dans ce volume qui reproduit une conférence prononcée par l'auteur à l'occasion du centenaire de la naissance de Freud, et qui est suivie de sa biographie et de la liste de ses publications, René A. Spitz consacre l'essentiel de son travail à l'étude de l'analogie entre le développement génétique du Moi et certaines conceptions embryologiques.
Comme on le sait, Spitz a décrit dans la Genèse de la Relation Objectale trois stades de l'objet, qu'il appelle les organisateurs (2) et (3). Ce sont le sourire spécifique du troisième mois, caractéristique de la relation pré-objectale, l'angoisse du huitième mois qui témoigne de la constitution de l'objet, et l'institution du « non » au quinzième mois à un moment où la sémantification intervient dans la relation objectale.
Cette organisation est caractérisée par une série de différenciations que l'auteur compare aux séries complémentaires dans l'organisation des névroses selon la théorie freudienne. Spitz y voit la meilleure manière pour comprendre les fixations névrotiques.
L'analogie entre l'embryogenèse et la genèse du Moi est soulignée par un intéressant schéma emprunté à Waddington (1940).
Ce diagramme justifie le principe de cumulation : il apparaît en effet que, sous la primauté de l'intégration de la génitalité, les pulsions partielles peuvent continuer à jouer un rôle. L'intégration de ces pulsions partielles se combine avec un processus de maturation qui est favorisé par certains points d'appel (analogie avec la notion de l'epigenetic landscape des embryologistes américains).
Le concept d'organisateur est théorique, il désigne un état de coordination et d'organisation d'un certain nombre de fonctions somatiques et physiologiques. Il en résulte un nouvel état d'organisation qui, en fait, intervient pour modifier les éléments qui ont contribué à cette organisation. Les trois organisateurs de Spitz sont donc en fait les indices d'une nouvelle organisation psychique.
L'auteur estime que, dans ce chemin vers l'intégration, la