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Depuis la parution, en 1904, des trois essais sur la théorie de la sexualité, Freud, à ma connaissance, n'a plus jamais fait une étude systématique de l'adolescence. S'il aborde les problèmes de la puberté, par la suite, ce n'est que d'une façon allusive. En fait, c'est une période de la vie qui paraît avoir laissé relativement indifférents les psychothérapeutes, au contraire des psychologues et des pédagogues. En regard de l‘énorme production de littérature psychanalytique, les chapitres et les articles tenant à la puberté sont peu nombreux. Ce manque d'intérêt, probablement plus apparent que réel, tient à de nombreux facteurs. La découverte fondamentale de la sexualité infantile a détourné les auteurs de l‘étude de la puberté, à celle de l'enfance, tandis que les psychologues restaient souvent au vieux concept de nouvelle naissance liée à l'adolescence. Ainsi, est-on souvent resté aux arcanes de la relation d'objet.
Il est certain aussi que l'étude de la puberté est rendue difficile par son objet. Filles ou garçons, méfiants, muets, labiles comme ils ne l'ont jamais été, et c'est Anna Freud qui dit : « Analyser un adolescent, c'est courir après un train rapide… » Plus encore, les comportements souvent caractériels du pubertaire rebutent le psychothérapeute dans sa tentative de prise de contact. Terrains mouvants, personnalités encore inachevées, souvent brutales dans leur rejet de l'adulte, repoussant toute dépendance, Moi fluctuants et labiles, ils opposent un mur de défense à l'observateur comme au thérapeute.
Sur un plan phénoménologique et dans une perspective dynamique, il faut rappeler ici les travaux de Bernfeld qui donne une classification des adolescents, simple et qui nous paraît féconde. Il en distingue deux