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Depuis que l'homme est un animal pensant, le rapport entre la perception et la réalité n'a cessé de constituer un problème pour les philosophes et pour les savants. Même aujourd'hui il n'a toujours pas trouvé de solution, bien que nous ayons de nouvelles questions à nous poser à son sujet et de nouveaux mots pour formuler ces questions. Ma thèse vise les questions que la psychanalyse est susceptible de poser dans ce domaine, et tout particulièrement celle du rôle de l'imagination dans les rapports qu'entretiennent réciproquement la perception et la réalité.
Je me place, ce faisant, dans le contexte du problème plus vaste de la nature du processus imaginatif, qui, je le crois, mérite un examen psychanalytique plus attentif que celui qu'il a reçu. Le terme « imagination » est employé dans un sens très large dans les écrits psychanalytiques, et varie en fonction des auteurs. Ce serait une tâche interminable que de tenter de concilier les divers emplois du mot imagination, et mon intention est seulement de rendre clair le sens dans lequel je l'emploie, d'examiner certains phénomènes psychologiques qui sont généralement rassemblés sous la rubrique de l'imagination, et de leur appliquer les instruments précis de la théorie psychanalytique, et tout particulièrement la théorie structurale et les concepts des phases instinctuelles de l'énergie.
Pour les besoins de mon analyse, je définirai l'imagination comme la capacité de former une représentation mentale d'un objet absent, que ce soit un affect, une fonction du corps ou une tendance instinctuelle (2). Je définis ici un processus dont les produits sont des images,