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C'est pour moi un honneur que d'avoir l'occasion d'intervenir dans ce débat sur la très intéressante communication du Dr de Saussure (2). Le plaisir et la douleur constituent un sujet qui est au premier plan de mes préoccupations théoriques actuelles. Je désire envisager ceux-ci du point de vue physiologique. J'ai en effet la ferme conviction que nos théories psychanalytiques purement psychologiques, notre métapsychologie, peuvent gagner en clarté et en perspicacité, grâce à la compréhension du substratum physiologique.
Nous savons tous que Freud a commencé par essayer de formuler ses théories en termes physiologiques ou neurologiques dans son Esquisse d'une psychologie scientifique (3), comme le Dr de Saussure l'a dit dans la première partie de sa communication. Nous savons aussi qu'il a abandonné par la suite ce point de vue, et nous lui en sommes reconnaissants. S'il ne l'avait pas fait, ses disciples et lui auraient pu ne pas découvrir l'extraordinaire ensemble de faits, ni formuler les théories presque entièrement psychologiques et largement valables qui, réunies à ces faits, constituent la science psychanalytique. A l'époque où Freud faisait ses grandes découvertes psychanalytiques, la science neuro-physiologique, dont il eût pu se servir, n'existait guère. Toutefois, il s'est écoulé six ou sept décennies et deux générations ont passé depuis lors, et j'aime à croire que la science neurophysiologique a atteint un point où l'application qu'on en fait peut permettre à certaines de nos théories psychanalytiques d'atteindre à plus de clarté.
Je dois avouer que je ne me sens pas capable d'examiner la communication du Dr de Saussure comme un tout, à cause de ce qui me semble constituer chez elle (à moins que ce ne soit chez moi), un manque de systématisation. C'est pourquoi je me bornerai à essayer d'examiner quelques-unes de ses thèses qui s'appliquent à mon point de vue. Puis,