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Dans de nombreux pays, on a publié, ces dernières années, un grand nombre de communications sur le contre-transfert. De même que le transfert, considéré à l'origine comme un simple élément perturbateur, s'est révélé être par la suite un facteur thérapeutique essentiel en psychanalyse, on s'avise maintenant que le contre-transfert pourrait bien représenter non seulement un facteur gênant, mais aussi un catalyseur essentiel, nécessaire à la réalisation des fins thérapeutiques de la psychanalyse. Le but de cet exposé est d'examiner cette idée et de la réfuter.
Je crois que l'intérêt accru manifesté à l'égard de ce phénomène du contre-transfert peut s'expliquer par un grand nombre de raisons. Des modifications dans la technique et le comportement du psychanalyste sont parfois rendues nécessaires par « l'élargissement du champ d'application » de la psychanalyse ; de fait, nous ne nous occupons point seulement aujourd'hui des névroses, mais des diverses autres formes de la pathologie. L'importance croissante que prend la psychanalyse dans la psychiatrie en général, dans les sciences sociales, dans les problèmes d'éducation, etc., le développement de la psychothérapie « orientée dans le sens de la psychanalyse » et l'accent que l'on met en conséquence sur les « rapports interpersonnels », tous ces faits entraînent avec eux le danger de voir se diluer la psychanalyse, se créer une confusion entre la psychanalyse proprement dite et la psychothérapie, et par conséquent s'obscurcir le rôle du thérapeute. De plus, il ne faut pas négliger le fait que l'expérience croissante que nous avons en ce qui concerne la formation des étudiants-psychanalystes nous met de plus en plus souvent en présence du problème des interférences émotionnelles chez