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Ce bref exposé se limitera aux aspects du problème du silence pendant l'analyse, qui ont trait au transfert et au contre-transfert. Au cours de mes remarques, je m'attarderai sur le silence dans son rapport avec la technique et insisterai sur le rôle permanent qu'il joue dans le processus psychanalytique.
Auparavant je voudrais faire quelques remarques sur la psychologie du silence humain, de façon à avoir un système de référence pour les thèses spécifiquement théoriques et cliniques qui suivent.
Réfléchissons quelques minutes au sens que peut avoir un état silencieux entre deux ou plusieurs personnes. De toute évidence, il peut refléter un grand nombre d'états psychiques et de modes de sentir différents. Il peut témoigner d'un état d'accord, de désaccord, de déplaisir, de plaisir, de colère ou de calme. Il peut être signe de satisfaction, de compréhension réciproque et de compassion ; ou bien il peut indiquer un vide et un manque complet d'affect. Le silence humain peut irradier de la chaleur ou jeter un froid. A tel moment, il est susceptible d'être flatteur et consentant ; à tel autre, il peut être tranchant et méprisant. Le silence peut exprimer l'assurance, la suffisance, le snobisme, la taciturnité ou l'humilité. Il peut signifier oui ou non. Il peut vouloir dire donner ou recevoir, être objectai ou narcissique. Le silence peut être l'indice de la victoire ou le sceau de la maîtrise. Lorsqu'on se débat péniblement dans des situations où la vie et la mort sont en balance, il y a peu de place pour les mots. Le silence prévaut lorsque « le moment de la vérité » approche, car, on l'a dit, le silence est plus proche de la vérité que les mots.