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Le concept de valeur a subi une transformation profonde et relativement récente, qui ne manque pas d'intérêt, pour le psychanalyste en particulier. Pour la philosophie ancienne, de même que pour certaines écoles de pensée moderne, la valeur est une qualité absolue inhérente à l'objet et indépendante du sujet ; l'expression « une chose belle » est prise dans son sens littéral, les actes sont bons ou mauvais au sens métaphysique, et ainsi de suite. D'après cette théorie, le jugement « ce tableau est beau », « est vrai ou faux », et se prête ainsi en principe à l'examen scientifique. La théorie objective de la valeur qui a été défendue par des penseurs modernes tels que G. E. Moore, a été contestée au xixe siècle par Nietzsche et d'autres : ils proposaient la théorie relativiste qui déclare que la valeur est subjective et dépend de l'état d'esprit de la personne qui juge. Cette théorie a connu une grande popularité chez les psychanalystes mais elle ne semble pas susceptible de rendre compte de la réalité dans sa totalité. Ce que l'on appelle la théorie émotive des valeurs affirme que les jugements de valeur ne sont nullement des jugements, ne sont ni vrais ni faux et n'ont aucun sens pour le philosophe. Ce sont, en revanche, des propositions d'ordre émotif possédant un caractère impératif ou interjectif, qui constituent une manière de donner libre cours à nos sentiments ou d'influencer autrui. Si l'on dit que X est « Un chic type », on peut éprouver ce sentiment qui peut être partagé par d'autres, mais qu'il se trouvera certainement quelqu'un pour nier. Il arrive aussi que l'on veuille exprimer par là que les gens devraient être comme X…, si toutefois cette expression a un sens et n'est pas seulement l'écho d'une opinion générale.
Si la théorie de l'émotion est juste, les jugements de valeur ne peuvent servir de base à la science pure, mais sont néanmoins susceptibies de jouer un rôle fondamental dans toute science appliquée. Dans la mesure où la psychanalyse peut être