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L'histoire de la psychanalyse est la somme du jeu complexe et circulaire de trois facteurs : a) L'image clinique changeante de nos malades ; b) La connaissance conceptuelle grandissante que nous appelons métapsychologie; et c) Le processus analytique réglé par la technique analytique (cf. Kris [16]).
Dans cette communication, je vais essayer d'examiner un type nouveau de patients, devenu de plus en plus fréquent au cours des vingt dernières années ; mon but sera de voir si, en mettant en œuvre les recherches récentes faites dans le domaine des techniques pédiatriques, et les hypothèses sur les stades primitifs de la différenciation Moi-Ça, nous ne pourrions pas peut-être faire l'étude fructueuse d'une espèce particulière de tâche clinique que ce type de patient nous impose dans la situation analytique.
Historiquement, ce type de malade s'est révélé à notre attention clinique à partir de la masse diffuse de syndromes qui ont été et sont toujours connus sous le nom de « cas-limites » (cf. Leo Stone [23], Stern [22]). Il est important néanmoins, même au risque de paraître parfois artificiel, d'isoler ce type nouveau de cas et de lui donner le statut clinique d'une existence propre et de nous fournir des tâches tout aussi spécifiques que celles que les hystéries, les névroses obsessionnelles, les troubles affectifs, et les cas caractériels nous ont déjà imposées.
Dans les travaux de psychanalyse, la première mention valable de processus psychiques de ce type de cas est faite par Fairbairn dans son article Facteurs schizoïdes de la personnalité [4]. Bien que Fairbairn se préoccupe surtout de la définition des processus schizoïdes, sous