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En clinique, les dépressions latentes et chroniques se distinguent aisément. Ce sont deux formes d'une même maladie dépressive, toutes deux étant apparentées à la dépression mélancolique. Je me sers du terme « dépression latente » pour établir un parallèle avec la schizophrénie latente, qualifiant ainsi un état limite. Ici, le fond dépressif est caché derrière une façade faite de traits de caractère et d'une Symptomatologie névrotique. La structure du caractère obsessionnel compulsif constitue la base des symptômes de l'obsession et des phobies, entremêlés de tendances à l'émotivité et à la suggestibilité hystériques. Les réactions dépressives peuvent se produire à la moindre occasion. Maintes et maintes fois, le tableau clinique s'enrichit d'une excitation hypomaniaque et d'une exaltation toute proche de l'hypomanie ou y conduisant. Cependant, ces moments sont assez rares, sauf dans les cas plus évidents de cyclothymic qu'on n'a alors plus le droit de qualifier de « dépression latente ».
Dans les dépressions chroniques, l'humeur prédominante manifeste est celle de la tristesse avec un pessimisme général et un sentiment de futilité. Cependant certains malades sont malgré tout capables de continuer résolument leur existence, surtout s'ils sont aidés par quelque ferme principe moral ou religieux ou par une idéologie. Mais quand tel n'est pas le cas, et que la personnalité totale appartient au groupe dit asthénique, alors le tableau clinique général est sombre, celui de l'impuissance et de l'inanité.
Les symptômes paranoïaques peuvent apparaître dans les deux groupes cliniques soit par intermittences, soit comme un courant sourd. Dans certaines formes particulières, on observe une combinaison de symptômes dépressifs et schizophréniques, avec des éléments psychotiques latents ou tendant à devenir manifestes.