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Je voudrais étudier le problème, soulevé par le Dr Zetzel, que pose le facteur précipitant dans les maladies dépressives.
Les psychanalystes, s'inspirant des opinions que Freud a exprimées dans son article sur Deuil et Mélancolie, croient que la maladie dépressive est presque toujours précipitée par une perte d'objet. Cette perte d'objet peut être grave, telle celle qui résulte de la mort, mais toute maladie, toute séparation d'avec un objet aimé ou toute frustration causée par lui peut créer une situation de « perte de l'objet d'amour ». Lors de consultations et de traitements psychanalytiques, il m'a été donné de rencontrer un grand nombre de patients chez qui le commencement de la maladie dépressive avait pour cause une perte d'objet de cette nature. En de tels cas, les patients croyaient inconsciemment que leur agressivité avait eu la toute-puissance de provoquer la mort ou la maladie de l'objet en question. Il est remarquable que, dans de telles situations, toutes les expériences de perte d'objet antérieures sont mobilisées et qu'elles ramènent le sujet qui les rassemble aux premières anxiétés du rapport mère-enfant : c'est là un facteur susceptible d'être tenu pour une confirmation de l'importance centrale que Melanie Klein accorde, comme elle l'a souligné, à la situation dépressive.
Il n'en reste pas moins qu'on est en droit de se demander s'il n'existe pas des facteurs autres qu'un trouble dans la relation objectale qui soient susceptibles de provoquer la dépression. Très tôt, Freud s'est posé le problème de savoir si une blessure infligée au Moi ou au narcissisme était susceptible à elle seule de précipiter une crise de dépression. J'ai découvert dans le cas de certains malades qui s'effondraient en proie à une dépression aiguë qu'ils se trouvaient placés en face d'une situation leur faisant prendre conscience du fait que leur vie ou eux-mêmes avaient manqué de plénitude, d'une certaine manière. Ils étaient accablés par un vif sentiment d'échec. Il leur sembl