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La psychanalyse a commencé par être une psychologie des affects, comme en témoigne l'accent mis très tôt par Breuer et par Freud sur des phénomènes tels que la catharsis et l'abréaction. Elle s'est ensuite intéressée à beaucoup d'autres questions, mais n'est jamais revenue, ni du point de vue de la théorie ni du point de vue de la recherche, à une conception qui insisterait sur l'importance capitale des affects dans la psychologie psychanalytique, excepté lors d'incursions sporadiques dans ce domaine. Il va de soi que dans la pratique clinique, les affects ont toujours conservé une importance capitale, car, comme le souligne Marjorie Brierley [3], les malades ont toujours contraint les psychanalystes à la reconnaître. Comme il semble que l'on tienne leur nature pour évidente, l'amertume et bien d'autres affects n'ont toujours pas été élucidés par la psychanalyse. On a fait de sérieux efforts pour étudier certains affects ; c'est ainsi que Freud et Abraham [7, 1, 2] ont parlé de la dépression et de la mélancolie. Freud [8] a également étudié à fond l'angoisse, et tout récemment, Lewin [10] a consacré une étude fouillée à l'exultation ; je pourrais citer aussi en exemple Freud [6] sur la jalousie, Greenson [9] sur l'ennui, etc., mais je veux souligner qu'il manque à notre science, la psychanalyse, aussi bien une théorie générale des affects ou de l'affectivité qui soit adéquate, que des études sur certains affects spécifiques.
L'affectivité a plusieurs aspects importants. Les affects constituent les qualités humaines essentielles de l'expérience intérieure. Les animaux possèdent aussi des affects, mais ils sont bien moins complexes que chez l'homme. Les affects ne sont pas atomiques au sens où le Grec dit d'un phénomène qu'il n'est pas susceptible d'une plus longue