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Les matériaux cliniques dont je voudrais tirer quelques suggestions concernant les relations d'objet psychotiques sont relatifs à une petite fille de 2 ans et 10 mois qui, ne pouvant sortir d'une dépression, en vint à développer des défenses toujours plus régressives qui l'acculèrent à la schizophrénie. Ce fait ne nous paraît plus nouveau depuis que Melanie Klein nous a montré ce que pouvaient être les relations entre les états schizo-paranoïaques et les états dépressifs. M. Klein [3] fait ressortir que, lorsque les sentiments paranoïaques sont trop forts, le sujet ne peut plus endurer le poids de ses dépressions. « En effet, si la peur persécutrice et également les mécanismes schizoides sont trop puissants, le Moi n'est plus capable d'affronter l'état dépressif. Le Moi se voit alors obligé de régresser à l'état schizo-paranoïaque et de renforcer les peurs persécutrices et les phénomènes schizoides. C'est ainsi que sont posées les bases des diverses formes d'une schizophrénie ultérieure. »
Voici la description du cas : L… était âgée de 2 ans et 4 mois à la naissance de sa sœur. Pendant les derniers mois de la grossesse de sa mère, on l'empêchait de grimper sur les genoux de celle-ci sous prétexte qu'elle était trop lourde. Jusqu'à ce moment-là, L… avait été l'unique enfant et petite-enfant.
L'allaitement au sein avait été interrompu au bout d'un mois déjà, faute de lait. En apparence, ce fut sans grand trouble qu'elle accepta le biberon. Le contrôle des sphincters s'opéra tôt — vers ses six mois. A l'âge d'un an et quatre mois, L… était déjà capable de prononcer de petites phrases et montrait de plus en plus d'indépendance.