You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Les conduites masochiques posent, sans aucun doute, un des problèmes les plus mystérieux qui s'offrent à la curiosité du psychanalyste. Qu'un sujet puisse trouver plaisir à la douleur physique, comme dans le masochisme érogène, à la souffrance affective, comme dans le masochisme moral, reste incontestablement, malgré les nombreux et pertinents travaux qui lui ont été consacrés, un fait non totalement élucidé. C'est là un champ d'étude où les analystes à venir pourront sans doute encore longtemps exercer leur sagacité et confronter leurs expériences cliniques, dans l'attente d'une théorie complète du masochisme pour autant que celle-ci soit possible. Une telle restriction s'impose si l'on tient compte de la multiplicité des aspects que peuvent revêtir les conduites masochiques et les très intimes corrélations que le masochisme affecte avec pratiquement toutes les notions dégagées par la psychanalyse.
On sait que Freud établit la théorie du masochisme en se référant à la dualité instinct de vie, instinct de mort. D'autres après lui ont plus particulièrement centré leur étude sur l'agressivité ; Nacht, dans son rapport clinique, conclut en réaffirmant que le masochisme résulte d'un infléchissement auto-punitif de l'agressivité du sujet sur luimême ; ici même, plus récemment, Grunberger nous a parlé de la relation d'objet masochique et a développé la notion d'incorporation