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Première Partie
Depuis quelques années, je m'efforce de comprendre les idées et fantasmes décousus et déformés des névrosés, des hystériques et des psychotiques. Leurs troubles vaso-moteurs qui leur empourprent le visage ou les fait grelotter et s'évanouir, leurs mouvements involontaires qui se manifestent par des tics et des crampes ont été expliqués en fonction de fantasmes inconscients et l'on n'a pas prêté attention à l'insistance avec laquelle les malades signalent que quelque chose cloche sur le plan organique. A la suite de mes observations de malades de ce type, j'ai été amené à poser la question suivante : « Dans quelle mesure une personne perturbée sur le plan affectif et mental se connaît-elle ? » Dans les chapitres ci-après, j'essaierai d'y répondre et de montrer que les sentiments de maladie physique chez les malades mentaux sont l'expression fidèle de troubles physiques aussi bien que mentaux et émotionnels et la guérison des uns et des autres réside dans le relâchement des pressions restrictives.
Quand un malade demande conseil, il a généralement le sentiment que la vie pèse tant qu'il lui faut se replier sur lui-même, comme s'il était dans une prison dont il est incapable de briser les barreaux ; il a conscience d'une force supérieure, inhibant ses pensées et ses actions, et qu'il est impuissant à surmonter. En même temps, il a le sentiment qu'il y a en lui des éléments capables de soulager sa souffrance et de lui