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Le vocabulaire propre à la psychanalyse est, somme toute, fort succinct. Ces quelques mots d'origine si variée : énergie, dynamique, régression, inconscient, culpabilité, complexe d'Œdipe, sentiment de soi, Ça — certains empruntés à la physique ou à la biologie, d'autres à la psychologie traditionnelle, à la mythologie, et même à la langue familière, font un ensemble qui doit justement à sa nature composite de pouvoir être appliqué à la diversité des modifications que présente la personnalité psychique et des éléments qui la constituent. Mais, comme il ne s'agit là que de désigner les éléments essentiels de la personnalité et les grandes lignes de ses modifications, il en résulte que chacun de ces mots recouvre à lui seul une multiplicité de sens, apparentés certes, mais néanmoins fort distincts, et que le caractère général de sa signification répond à l'unité qui relie tous les faits disparates relevant d'un même concept. Cela permet d'étendre par endroits et de restreindre ailleurs l'usage de ce concept à mesure que se développent l'expérience et la réflexion.
Toutefois à cette économie de moyens qui donne à l'œuvre freudienne un tour véritablement classique, une condition doit être mise, et Freud n'y manque jamais, c'est de marquer par un adjectif ou par l'ensemble du contexte le sens du vocable dans chacune de ses acceptions particulières; car, s'il faut veiller à ne pas émietter le comportement en mots innombrables (cf. la prolifération des « complexes » mythologiques), il faut également veiller à ne pas se servir d'un mot, en toutes circonstances où sa présence s'impose,