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Le titre primitivement choisi, Psychanalyse et religion nous paraît décidément trop ambitieux. Nous n'avons nullement la prétention de tenter de découvrir une voie d'approche nouvelle du phénomène universel et recouvrant tant de faits qu'est le phénomène religieux. Nous ne visons même pas à vous proposer de thèse absolument originale, mais nous voulons simplement, après un historique de la question, nous appuyer sur quelques documents cliniques, afin de vous remettre en mémoire quelques-unes des explications qui ont été proposées par deux ou trois psychanalystes de la grande époque, quant à la genèse et à la signification du sentiment religieux. Nous terminerons par quelques hypothèses plus personnelles. Comme il a été peu parlé, durant les dernières décennies, ici, de religion, du moins directement, (mettant à part une conférence et des leçons de Diatkine, dont nous n'avons pu, malheureusement prendre connaissance, ainsi qu'une récente conférence de Pasche), nous pensons qu'il n'est peut-être pas sans intérêt d'en parler ce soir. Bien entendu il s'agit ici d'un essai de psychanalyse appliquée. Aussi laisserons-nous de côté, non seulement les faits accumulés au cours des dernières années par l'étude comparative des religions, mais aussi tous les aspects socio-économiques des origines, celles du christianisme en particulier. Nous tenons en outre à préciser que dans son travail thérapeutique quotidien, l'auteur, à sa connaissance du moins, observe la même neutralité bienveillante