You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
L'investigation des textes anciens, sur parchemin ou sur marbre, au sujet des cures, dites miraculeuses, effectuées dans les sanctuaires de la Grèce antique — mises à part la supercherie et l'allégation de mystérieuses forces surnaturelles — nous autorise à prendre une attitude rationaliste invoquant des mécanismes psycho-physiologiques, valables tout aussi bien aujourd'hui en ce qui concerne les guérisons de Notre-Dame de Lourdes, que celles de jadis, à Épidaure, par exemple, pour ne citer que le plus célèbre des temples anciens.
Deux faits corrélatifs sont à retenir :
— tout d'abord primum, que les origines de la médecine sont sacrées et qu'il est donc naturel d'en voir passer la pratique par une phase exclusivement sacerdotale : la maladie était l'effet d'une punition et plus généralement d'une action divine ; la guérison aussi devait dépendre des Dieux ;
— en second lieu, il est digne de remarque que, vu l'ignorance, à ces époques lointaines et même jusqu'à Pasteur, de l'étiologie des maladies infectieuses, la médecine des anciens n'avait d'efficacité thérapeutique — certains cas d'opérations rudimentaires et d'interventions orthopédiques exceptés — que sur les maladies que l'on qualifie aujourd'hui de psychosomatiques. Inutile d'ajouter que la suggestion, soutenue par la foi religieuse, joue dans ce domaine un rôle important : « Le miracle est l'enfant chéri de la foi », affirme Faust.