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Si l'érotomanie et les divers états cliniques pouvant s'inscrire dans sa lignée nous ont paru mériter une étude, c'est non seulement en fonction d'un certain nombre de malades que nous avons eus à traiter et qui nous ont posé des problèmes diagnostiques et thérapeutiques, mais aussi en raison de la pauvreté relative de la littérature analytique sur ce problème; pauvreté d'autant plus apparente qu'elle contraste avec le foisonnement de travaux psychiatriques classiques et les discussions passionnées que ces travaux ont traduites dans un passé récent.
La première question donc qui s'offrit à l'esprit fut précisément les raisons du peu d'intérêt apparent manifesté par les psychanalystes à ce que, globalement, nous appellerons pour le moment l'érotomanie et ses manifestations diverses. Il nous semble qu'il est deux réponses possibles à cette question, valables l'une et l'autre. La première est que les érotomanes se prêtent mal à une cure analytique classique, en raison des difficultés de maniement du transfert. La deuxième nous paraît tenir à l'histoire même du développement des connaissances psychanalytiques. Nous voulons par là faire allusion à la nouveauté relative du traitement analytique des psychoses et rappeler que, tout en étant mentionnée dès les premiers travaux de Freud, la relation d'objet a été étudiée de façon approfondie seulement depuis peu — tant dans son aspect génétique que dans ses manifestations cliniques actuelles (Melanie Klein, Spitz; en France : Bouvet, Diatkine, Lebovici, Fain, Marty, Luquet).
Or, ce qui nous paraît remarquable dans l'érotomanie, comme dans