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Si mon propos a paru parfois s'égarer au cours des pages que je vous résumerai brièvement, ce n'est pas que j'aie cédé au plaisir bien agréable de la promenade intellectuelle, mais parce que l'étude des identifications précoces nous amène particulièrement à ressentir combien il est artificiel de séparer un domaine particulier de l'ensemble de la théorie analytique. Je ne suis pas certain que l'essentiel pour moi réside dans l'hypothèse centrale de ce travail, mais bien dans son essai d'intégration dans une compréhension plus générale de la théorie.
L'intérêt de celle-ci est divers. Pour le psychanalyste, sans doute l'est-il pour l'homme, il n'est pas le plus important qu'elle soit une branche de la connaissance humaine, de la psychologie. Pour lui importe surtout une possibilité d'intégration de l'ensemble de certitudes intuitives qui dirigent à tout moment son action. Si nous pouvons nous permettre de considérer avec un certain détachement les positions spéculatives dont l'intérêt repose sur le plaisir d'une vérité approchée, mais aussi d'un esthétisme — parfois incertain — nous ne pouvons pas échapper au besoin impérieux de fonder une compréhension de notre propre conduite dans l'acte thérapeutique qui nous définit. Cette structuration seconde, qui cherche à remonter à l'élémentaire, peut aussi bien couler vers une rationalisation plus ou moins défensive que s'évader dans un plaisir de l'intellect qui se préfère facilement à une réalité pas toujours plaisante à notre narcissisme ; une telle recherche, si elle se veut conforme à un canon à la mode, manque également son but ; l'étude approfondie des textes lui évite bien des embûches mais la sclérose certainement. Étrange destinée qui oblige chacun de nous à