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Simone Marty est morte le 14 avril dernier d'une maladie dont les premières atteintes remontaient à plusieurs années, elle la supporta jusqu'à, la fin avec la vaillance qu'elle avait montrée toute sa vie et en toute occasion.
Qui d'entre nous oubliera jamais ce qu'elle apportait à nos réunions amicales, son charme et sa gentillesse, sa vivacité légère, l'intérêt profond qu'elle manifestait dans les entretiens les plus ardus et la pertinence avec laquelle elle y intervenait, non sans timidité, enfin la délicatesse et le zèle de son amitié qui, en particulier, compta tant pour Maurice Bouvet ?
Elle ne devint pas psychanalyste officielle par une humilité que beaucoup d'entre nous jugeaient excessive, car elle était admirablement douée, mais elle fut une parfaite compagne de psychanalyste.
Le rôle qu'elle joua auprès de son mari et de son frère, nous ne pouvons, du dehors, en évaluer l'ampleur. Il ne se limita pas à l'aide matérielle qu'elle ne leur mesura jamais, ni à ses observations cliniques, ni à ses réflexions dont ils savaient le prix, elle participait de fort près à leurs travaux, car il tenait à quelque chose de plus subtil, comme un pouvoir secret qu'ont certaines femmes — elles l'ont peutêtre toutes, mais toutes n'en usent pas — de nous infuser par leur présence même et selon la proximité du cœur une connaissance au-delà du langage, plus précieuse au psychanalyste peut-être qu'à tout autre. Simone Marty avait ce don.
Cette jeune femme était des nôtres à bien des titres, je peux affirmer qu'elle gardera dans notre souvenir une place privilégiée que sa discrétion même a rendue plus grande.
F. Pasche.