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Mesdames, Messieurs,
La Société Psychanalytique de Paris nous a fait part de la triste nouvelle :
Le 21 septembre 1962 à Saint-Tropez est décédée dans sa 81e année la princesse Georges de Grèce et Danemark, née princesse Marie Bonaparte, présidente d'honneur de la Société Psychanalytique de Paris, vice-présidente d'honneur de l'Association Internationale de Psychanalyse, membre d'honneur de la Société Danoise de Psychanalyse.
Marie Bonaparte a fait dans les années 1920 son analyse didactique avec Sigmund Freud. Par la suite elle est restée en contact étroit avec Freud, ses collaborateurs, sa famille et ses amis de Vienne. C'est à elle que l'on doit le développement de la psychanalyse en France et c'est de France que sont nées les différentes Sociétés de Psychanalyse des pays de langues romanes. Elle travailla, infatigable, au rapprochement des différentes sociétés et à l'étroite collaboration de tous les analystes. A partir de 1927 elle publia des ouvrages scientifiques se rapportant à la psychanalyse. Un grand nombre d'entre eux traitent de l'emploi de l'analyse en dehors du domaine proprement médical, comme son livre, publié au début de sa carrière : La symbolique des totems et surtout son ouvrage en trois volumes sur Ed. Allan Poe (2). Dans ce livre elle a étudié le rôle des fantasmes sadiques et nécrophiles dans l'œuvre de Poe. Elle a mis en lumière la parenté spirituelle qui rattachait Poe à son traducteur Baudelaire et surtout elle a posé la question de savoir comment l'auteur pouvait avoir de l'influence sur son lecteur. Cette œuvre de Marie Bonaparte apporte des éléments importants et concrets au problème de la sublimation. Quelques-unes des nouvelles d'Edgar Poe ont joué un rôle important dans la propre analyse de Marie Bonaparte ainsi que nous l'apprenons dans un travail quasi autobiographique