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Je me propose de développer ici la valeur que prend dans le traitement psychanalytique la relation non verbale, complément très important de la relation verbale habituelle. Il peut paraître en effet paradoxal, à première vue, de parler de relation non verbale dans le traitement psychanalytique alors que la technique psychanalytique classique repose entièrement sur un dialogue : celui de l'analyste et du patient. La relation qui s'établit entre eux, et qui est tantôt la substance même, tantôt le levain de l'action thérapeutique, ne peut prendre toute sa valeur que grâce à ce dialogue : elle ne se développe que lorsqu'elle peut être explicitée, traduite en paroles.
Il n'est donc pas dans mon propos de nier la valeur de la parole dans la relation analytique : ce serait proprement absurde. C'est par la parole que le patient se fait connaître à cet autre qu'est l'analyste, et ce faisant c'est lui-même qu'il apprend à connaître aussi ; il s'entend exprimer ses désirs et ses craintes, il mesure ce qu'il pense posséder et ce qui lui manque, ce qu'il est et ce qu'il voudrait être. Mais ce discours est plus encore : il est — nous le savons — une quête continue, une demande voilée d'être entendu, rassuré, compris — bref, pour tout dire reconnu et aimé.
Nous savons aussi que cette demande, qui ne peut évidemment pas trouver sa pleine satisfaction dans la situation analytique, amènera