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« Pour aborder les œuvres d'art, rien n'est pire que la critique. L'amour seul peut les saisir, les garder, être juste envers elles. »
En déplaçant l'intérêt sur le Moi, aussi bien sur sa fonction d'organisation du plaisir que celle d'évitement du déplaisir et de l'angoisse, la recherche psychanalytique a augmenté sa capacité de préhension de, la personnalité de l'artiste. Elle ne peut pas négliger l'étude du Moi dans sa réalité sociale et oublier que celui-ci — en équilibre plus ou moins stable — continue d'avoir des échanges structurants avec son milieu (2). L'artiste, plus qu'un autre, œuvre valablement dans un rapport particulier avec le monde, même lorsqu'il apparaît encore à celui-ci étranger à travers son détour narcissique ou par l'avance qu'il a prise dans sa façon de ressentir et d'exprimer.
Une erreur fréquente des psychanalystes a été de présenter comme une saisie globale et satisfaisante de l'artiste quelques détails de son œuvre, le plus souvent la thématique, en négligeant tant la raison d'être de la création que sa forme et son adéquation esthétique, en oubliant ce qui la spécifie en tant que valeur humaine.
Il est des erreurs proprement psychanalytiques. Je ne ferai que rappeler l'erreur technique qui constitue à rapprocher une biographie, d'ailleurs de valeur souvent illusoire, d'une thématique symbolique ou non, en oubliant que le rapprochement du critique ne peut être qu'une hypothèse nécessitant d'amples confirmations en l'absence du lien associatif du sujet de l'étude. Certains psychanalystes ont évité cette