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La persistance d'un lien intime entre certains enfants et leurs mères, bien au-delà de l'intensité et de l'âge habituels, a depuis longtemps attiré l'attention des analystes d'enfants. Devant les problèmes concernant la nature d'un lien aussi exceptionnel, son effet sur l'enfant en développement, et les moyens de communication entre la mère et l'enfant, est peu à peu apparu le désir d'étudier des couples mère-enfant au moyen d'analyses simultanées. Ce désir est venu de l'expérience clinique avec des cas où la participation de la mère aux troubles de l'enfant constitue un obstacle à sa guérison et où l'on a le sentiment que l'on ne peut obtenir et maintenir des résultats favorables et durables que si l'on peut modifier également les conditions existantes chez la mère.
Il y a à peu près vingt-cinq ans, en se basant sur des observations faites au cours de traitements analytiques d'enfants, Dorothy Burlingham (1932) a décrit les diverses façons par lesquelles une mère peut ressentir l'intrusion de l'analyste dans son lien intime avec son enfant et comment, et pour la mère et pour l'enfant, une telle intrusion dans certains domaines de leurs vies peut être vécue comme une grave menace. Ces dernières années, beaucoup de recherches se sont intéressées au problème de l'effet pathogénique de la mère sur l'enfant, surtout en ce qui concerne la psychose et les maladies psychosomatiques