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Le titre que nous avons donné à notre exposé demande quelques explications. Tout d'abord, nous sommes conscient de l'ampleur du thème et nous savons que nous ne pourrons aborder que quelques aspects de ce vaste problème du transfert — lequel comporte nécessairement aussi le contre-transfert — au sein de cette forme de thérapie qui peut paraître au premier abord si complexe, la psychothérapie de groupe. D'autre part, nous parlons de « psychanalyse de groupe » et il est indispensable que nous donnions les raisons pour lesquelles nous estimons que le travail psychothérapique que nous faisons est fondamentalement psychanalytique. Il doit donc correspondre aux critères de base de la technique freudienne.
Historiquement — sans revenir jusqu'à l'expérience déjà mythique de Pratt aux États-Unis en 1905 — le mouvement contemporain de la psychothérapie de groupe et, plus largement, celui des activités ou des thérapies de ou en groupe peut être ramené à deux sources principales.
L'étude sociologique et sociométrique des petits groupes qui, sous le nom de microsociologie, est devenue une branche spéciale de la sociologie. Nous lui devons les notions de la « dynamique de groupe » qui s'inspirent le plus souvent de la Gestalttheorie modifiée et appliquée au champ médical par Kurt Lewin. De nombreux auteurs (Moreno, Foulkes, Bach, Slavson également, Bion, etc.) l'ont reprise, modifiée, adaptée et même parfois défigurée.
D'un autre côté, des psychanalystes, avant tout américains et anglais (en France, Lebovici et ses collaborateurs), dont la valeur professionnelle
(1) Exposé présenté à la Société suisse de Psychanalyse, le 25 mai 1963.
ne peut être mise a priori en doute, ont utilisé la psychothérapie de groupe. Très rapidement, ces psychothérapeutes se sont aperçus que leur action à l'intérieur d'un groupe était très semblable à celle qu'ils exerçaient en psychanalyse individuelle. Leur technique, qui était pour beaucoup d'entre eux centrée au premier chef sur la « dynamique de groupe »