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Le but du rapport que nous avons l'honneur de présenter aujourd'hui, s'intègre dans l'ensemble des travaux qui anime notre groupe et qui se caractérise en particulier par des études portant sur les interrelations psychosomatiques à la base de l'édification des fonctions du Moi. Ces interrelations psychosomatiques jouent à un double niveau : d'une part, celui de la maturation des appareils, concomitante et inséparable de la maturation du Moi, et d'autre part, celui des passages de la décharge énergétique du psychisme au soma. En effet, au cours de ce rapport, ont été évoquées les relations entre le développement du langage et celui de la fonction onirique — les passages entre l'activité onirique et les activités somatiques couvrant un horizon aussi vaste, par exemple, que l'hypersécrétion gastrique nocturne d'une part, trouble complexe lié à des mécanismes neurovégétatifs et humoraux, le somnambulisme d'autre part, dont nous connaissons les attaches fréquentes avec la comitialité, et finalement les tics moteurs tels les grincements de dents rattachés classiquement à la psychopathologie. Autrement dit, dès ces premières phrases, nous voyons l'activité onirique se situer au centre de la vie psychique et de ses multiples avatars. A l'intérêt passionnant déjà mobilisé par la compréhension du mode expressif du rêve, s'ajoute ainsi tout un aspect fonctionnel qui, pour s'établir correctement, a eu besoin de conditions optima. C'est donc aussi une activité mentale précieuse, dont le bon fonctionnement constitue un des éléments garantissant l'équilibre psychique, et évitant les dangereuses dérivations somatiques d'une libido dégradée.
Nous tenons à préciser qu'il n'est pas dans notre intention de tomber dans le défaut qui consiste à vouloir tout expliquer par un aspect partiel artificiellement enflé. Il s'agit plutôt de reprendre une notion introduite très précocement par S. Freud, dès 1896, celle de l'équilibre existant entre les deux grands modes d'activité menta