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Lorsque Bertrand Russel, le 9 juillet 1955, fit connaître au monde entier le testament d'Albert Einstein, afin de témoigner à tout être humain de la possibilité et de la responsabilité de la destruction de toute vie sur notre planète, je fus terriblement frappé de lire que, sur un des plus importants journaux anglais, avait paru un article de fond sur cet événement, dans lequel l'auteur soutenait la thèse qu'il existe certaines valeurs dont la conservation pourrait aller jusqu'à exiger le sacrifice de toute l'humanité, en une guerre qui l'amènerait à périr tout entière.
Je chercherai à démontrer dans cet article, à travers une étude psychanalytique sur la signification des lois, qu'une semblable thèse, au moment historique actuel, peut être considérée comme une forme d'instigation au délit, inconsciemment exercée par des personnes probes, au nom d'une espérance illusoire et inauthentique de conservation de l'objet d'amour.
En 1932 déjà, à la suite d'une initiative de l'Institut international de Coopération intellectuelle de Paris, initiative qui sollicitait un échange d'idées entre d'éminentes personnalités mondiales sur les plus importants problèmes liés à la vie collective de l'humanité, Albert Einstein avait adressé à Sigmund Freud une lettre ouverte dans laquelle il lui demandait de prendre position à propos d'une « question qui, dans les conditions actuelles, semble la plus importante dans le domaine de la civilisation: existe-t-il ou non un moyen pour que les hommes soient délivrés de la menace de la guerre ? »
Le fait qu'Einstein, en 1932, ait posé cette question à Freud ne nous apparaît en rien dû au hasard. En effet, en 1917 déjà, dans Le