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Mon intention est de remettre au point le résumé de la théorie de l'autonomie que j'ai présentée en 1950 [61]. Cette tentative nous introduit inévitablement dans des régions théoriquement peu explorées où je ne peux faire plus qu'identifier les problèmes et signaler des solutions possibles.
Pour ouvrir le débat, j'opposerai la conception berkeleyenne de l'homme à la conception cartésienne. Dans la conception berkeleyenne, le monde extérieur est créé par l'imagination humaine. Dans cette perspective solipsiste, l'homme est totalement indépendant de l'environnement et totalement dépendant des forces et des images qui résident en lui: il lui est impossible d'envisager un monde externe indépendant de ces forces intérieures. En retour, il n'a pas à s'accorder avec le monde extérieur: puisque ce monde est créé par des forces inhérentes à l'homme, l'homme est a priori en harmonie avec lui. Dans le monde cartésien d'autre part, l'homme naît, ardoise vierge sur laquelle s'inscrit l'expérience. Ni forces ni images n'existent en l'homme sinon celles qu'engendrent les prises de contact avec le monde extérieur. Dans cet univers, l'homme est totalement dépendant du monde extérieur et en harmonie avec lui. En retour, il est totalement indépendant, — c'est-à-dire