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« Les mécanismes essentiels des non-Européens, y compris les peuples sauvages et les barbares apparaissent comme étant les mêmes que les nôtres. »
C.-G. Seligman dans son discours présidentiel au Royal Anthropological, 1924 (cité par Roheim).
L'ethnologie, comme toute discipline scientifique, ne peut se contenter d'une cumulation de faits, fussent-ils les mieux observés, décrits et analysés. Il faut, pour qu'elle devienne science, et que cette science puisse servir de guide aux rapports des hommes et des peuples entre eux — but plus ou moins manifeste d'une partie de l'ethnologie moderne — que les faits accumulés soient organisés. Et comment comprendre, grouper et comparer des expériences humaines, sans un système de référence ?
L'ethnologie du xixe siècle [26], comme la biologie darwinienne, se basait sur l'idée d'une évolution générale et unique du genre humain allant du simple au complexe, du « primitif » au « civilisé ». Cette soi-disant « échelle des valeurs » servait aux ethnologues à classer les faits rapportés par les ethnographes. Mais l'évidente complexité des faits sociaux observés chez lesdits « primitifs » et la pensée sociologique durkheimienne ont amené les ethnologues à abandonner l'idée de l'évolution unique, à rejeter toute idée de comparaison d'une culture à une autre et à décrire chaque peuplade, ses institutions, ses mœurs, ses croyances, ses pratiques et ses techniques.
Mais il est évident que la quantité même, la richesse du matériel observé créent le besoin d'un système d'organisation de ce matériel. La sociologie n'a pas su le donner, et il n'est pas d'écrit moderne