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Il est un fait depuis longtemps connu qui s'est de nouveau imposé à l'historien de la psychanalyse avec une grande force depuis la publication des lettres de Freud à Wilhelm Fliess. On le trouve dans, le chapitre de l'histoire héroïque de la vie de Freud où des profondeurs de ce qui semblait une grande défaite — Freud s'aperçoit que les histoires de séduction que racontent ses malades hystériques sont « fausses » (voir la lettre à Fliess du 21 septembre 1897 [2], pp. 215-216) — il fit surgir une grande victoire, cette intuition fondamentale que ces histoires « fausses » sont de « vrais » fantasmes qui proviennent du noyau de l'Inconscient, le complexe d'Œdipe [3] (p. 34). Cette découverte fut de la plus grande importance: elle ouvre la voie que devait suivre la psychanalyse, elle établit que la vie intérieure de l'homme étend très loin son influence et elle établit en particulier la position centrale du fantasme (spécialement du fantasme inconscient) dans le développement psychologique et la motivation. De l'interaction de l'enfant et de son environnement (ou plus exactement des tendances et des fonctions rudimentaires du Moi de l'enfant d'une part, et de l'environnement d'autre part) surgit cette zone de riche élaboration intérieure de l'expérience qui est devenue le centre de l'investigation psychanalytique. Cf. Ernst Kris [4] (spéc. pp. 73-77).
Récemment, au cours d'une discussion amicale avec un spécialiste éminent d'une autre disciphne, il m'apparut avec évidence que le fantasme avait une position fondamentale dans le cadre de la psychologie psychanalytique. Ce spécialiste avait entendu parler d'un symposium sur le fantasme et mettait en doute la pertinence de telles préoccupations psychanalytiques. Pour lui, la découverte qu'avaient faite les