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On parle en psychanalyse de « fantaisie consciente » et de « fantaisie inconsciente » (1). La symétrie des termes dissimule la différence des concepts. Le concept de « fantaisie consciente » se réfère à la « psychologie de conscience »; il est assez facile d'en dégager les principaux caractères. Il n'en va pas de même de la « fantaisie inconsciente »; l'expression est contradictoire; « fantaisie » a la même racine que « phénomène »; un phénomène est quelque chose qui apparaît: or l'existence et la nature de la fantaisie inconsciente ne peuvent être établies que par inference. Historiquement et logiquement, c'est en partant de la fantaisie consciente que l'on peut esquisser une première définition de la fantaisie inconsciente.
On appelle « fantaisie consciente » soit un certain type d'activité créatrice de l'esprit, soit les fictions ou fantasmes produits par cette activité; il est préférable de ne pas dissocier les fantasmes de la fantaisie dont ils procèdent et de considérer celle-ci comme un tout. Ce tout est donc un processus, un mouvement de l'esprit qui se déroule dans le temps; il est plus difficile à saisir que les fictions auxquelles le processus aboutit; non seulement ce sont ces fictions qui intéressent le sujet mais, relativement immobiles et spatialisées, elles sont plus