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Les quatre contributions qui ont été préparées pour ce symposium représentent des points de vue si divers et abordent une telle multitude de sujets liés les uns aux autres qu'il n'est pas possible de leur rendre justice ni d'essayer d'en faire une synthèse dans le peu de temps qui nous est donné. J'essaierai seulement de faire quelques commentaires, de poser quelques questions un peu au hasard là où il me semble qu'un certain aspect du problème a été négligé, qui nécessiterait une note au bas de la page, ou un paragraphe de transition.
C'est un cadeau empoisonné que d'offrir au spécialiste d'une discipline un mot familier pour désigner un concept abstrait. Il restreint l'étendue du jargon scientifique, mais laisse place aux connotations individuelles, il entraîne aussi une confusion: des différentes significations du lexique, laquelle doit-on choisir dans un contexte donné ? Bénassy et Diatkine demandent qu'on ne se presse pas de donner une définition du fantasme, de peur de ne trouver dans la discussion que ce qu'on aura mis dans la définition. Mais retarder un accord sémantique risque d'aboutir à discuter de nos propres fantasmes à propos du « fantasme », les points de vue étant différents en apparence et non pas en substance. L'importante distinction entre « réalité » et « vérité » signalée par Lagache se rapporte au même problème. Le problème sémantique est composite quand nous parlons de « fantasmes inconscients ». Si nous ne parvenons pas à un accord pratique concernant les contenus conscients et les processus, il ne nous reste, quand nous parlons du fantasme, que la description du crocodile telle que la donna Marc Antoine. Dans Antoine et Cléopâtre de Shakespeare, Lepidus lui demanda de décrire cet étrange animal qu'il a vu dans le Nil. Il répond:
Seigneur il se ressemble à lui-même; il est aussi large que sa largeur; aussi haut que sa hauteur et il se meut avec ses organes; il vit de ce qui le nourrit, et quand les éléments de la vie l'ont quitté, il transmigr