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Lors des précédentes réunions, vous vous êtes certainement familiarisés avec cette notion selon laquelle ce qui caractérise plus particulièrement le phobique est son aptitude à projeter hors de lui-même les désirs qui peuplent son monde intérieur — désirs qu'il perçoit dès lors non seulement comme étrangers à lui-même mais d'autant plus chargés de menaces. C'est ici — chez le phobique — que l'on saisit sur le vif, beaucoup mieux qu'ailleurs, comment ce qui est désiré inconsciemment peut être consciemment redouté.
L'intensité avec laquelle le phobique adhère à ses projections est fonction de la force des pulsions qui l'habitent. C'est pourquoi certains phobiques vivent leurs phobies avec la même conviction morbide que le délirant vit son délire.
Cependant, pour ce qui nous intéresse plus spécialement ici ce qui distingue nettement le phobique du délirant dans la situation thérapeutique, c'est la qualité de sa relation transférentielle. C'est celle-ci, en effet, qui permet à l'analyste d'adopter, à l'intérieur de cette relation, certaines attitudes dites « actives ».
Vous vous souvenez qu'en règle générale Freud ne reconnaissait à l'analyste un rôle nettement actif que lorsqu'il lui fallait donner des interprétations au malade, ou maintenir ce dernier nécessairement dans un climat de frustration.
Il n'envisageait d'intervention active directe, dans le comportement du malade que dans un cas: précisément lorsqu'il s'agissait de phobiques. C'est ainsi, par exemple, qu'il exigeait d'un agoraphe qu'il sortît seul, malgré sa peur, pour venir à la séance d'analysé.
Freud ne s'est pas expliqué — du moins à ma connaissance — sur les raisons théoriques qui l'ont incité à s'écarter ici de la règle habituelle