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Ce livre est une monographie, la troisième d'une série parrainée par le Journal of the American Psychoanalytic Association. Dans leur avant-propos, les éditeurs le présentent comme une étude du Moi. Cela est vrai. Arlow et Brenner exposent, avec une clarté de pensée et une simplicité de langage
remarquables, certaines notions fondamentales sur la définition du Moi; sur sa genèse, en particulier l'idée freudienne du Moi comme couche superficielle du Ça; sur son autonomie secondaire, selon les idées de Hartmann, etc.
Mais le centre de gravité de l'ouvrage n'est pas là. Les auteurs y étudient surtout les deux théories fondamentales élaborées par Freud pour la description de l'appareil psychique: la théorie topographique (ou topique), exposée en 1900 dans le chapitre VII de son livre sur l'Interprétation des rêves, et la théorie structurale apparue en 1923 dans Le Moi et le Ça. Les valeurs respectives des deux théories sont examinées dans leur application aux concepts de processus primaire et secondaire, de régression, dans leur application à l'étude des rêves et de la psychopathologie des psychoses, et dans leur utilisation au cours du travail analytique quotidien d'interprétation.
Le schéma topographique distingue trois régions mentales, le Pcpt-Cs, le Pcs et l'Ics, dont chacune est formée par l'ensemble des éléments qui sont conscients (perçus par le sujet), préconscients (accessibles à la perception interne par un effort d'attention), ou inconscients (inaccessibles à cette perception par les seuls efforts introspectifs du sujet). Les trois régions sont donc définies d'après une propriété particulière des éléments qui les composent. Toutes les difficultés surviennent du fait que cette propriété n'est pas la seule que possèdent les contenus des trois régions. Ainsi, en plus de l'inaccessibilité à la perception interne, les contenus de l'Ics sont, d'après la théorie, de nature pulsionnelle et régis par le processus primaire, investis par de l'énergie libre; tandis que