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Je présente mon essai devant votre aréopage avec le désir de le soumettre à une pierre de touche. Car pratiquement je serais en peine de prédire à quoi mes prises de parti pourront être utiles. Contribuer à dégager la pensée psychanalytique de ses résidus magiques? C'est du moins là ce que je souhaite, dans l'espoir de mieux faire face à la situation créée par l'accroissement accéléré du nombre de cas où une aide psychothérapique est indiquée, sans être une analyse d'emprunt ni d'occasion. Il manque à un travail de réflexion comme celui-ci — quelles que soient les expériences auxquelles il fait écho — l'impression d'accomplissement qui, fût-elle illusoire, double immanquablement toute action clinique résolue, en vertu de son caractère factuel. Grâce au rapport de Held, nous ne resterons heureusement pas sur cette nostalgie, bloqués sur le chemin qui va « de la pratique à la pratique ».
Vous êtes en droit de vous demander quels sont mes titres, la pratique clinique mise à part, à parler de confiance des rapports entre psychanalyse et psychothérapie. Quelques occupations organisationnelles et didactiques m'ont servi de terrain d'observation. J'ai, en particulier, participé à toutes les phases d'une réforme des conditions pour obtenir la spécialisation psychiatrique en Suisse, réforme demandant que les psychiatres possèdent désormais une formation minima en psychothérapie. Ma collaboration à la commission délibérative ad hoc se fondait sur une double appartenance au comité de la Société suisse de Psychiatrie et à celui de la Société médicale suisse de Psychothérapie. Par ailleurs, placé pendant trois ans à la présidence de la Société suisse de Psychologie, j'ai eu à connaître de nombreux problèmes concernant les psychothérapeutes non médecins. Quant aux occupations didactiques, je me voue depuis plusieurs années, sous le patronage du Pr Ajuriaguerra,