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« Tout porte aussi à croire que, vu l'application massive de notre thérapeutique, nous serons obligés de mêler à l'or pur de l'analyse une quantité considérable du plomb de la suggestion directe », écrivait Freud en 1918. A cela près que les psychothérapies d'inspiration psychanalytique (P.I.P.) ne sauraient se voir réduites à un mode particulier de suggestion, surtout « directe », ni qu'elles puissent se voir comparer à un métal aussi vil que le plomb, lequel, cependant et après tout, compte parmi ses ancêtres des métaux de haute lignée radioactive et dignes de la plus grande considération, nous pouvons, une fois de plus, rendre déjà, à cette place, un éclatant hommage au génie « divinatoire » de Freud. Dans le petit livre d'où nous venons d'extraire la citation précédente, nous pouvons glaner d'ailleurs très facilement d'autres et extraordinaires anticipations. Ainsi Freud prévoit (nous sommes en septembre 1918, ne l'oublions pas) que, « les maladies névrotiques ne devant pas être abandonnées aux efforts impuissants de charitables particuliers, à ce moment-là on édifiera des établissements, des cliniques, ayant à leur tête des médecins psychanalystes qualifiés et où l'on s'efforcera, à l'aide de l'analyse, de conserver leur résistance et leur activité à des hommes, qui sans cela s'abandonneraient à la boisson, à des femmes qui succombent sous le poids des frustrations, à des enfants qui n'ont le choix qu'entre la dépravation et la névrose. Ces traitements seront gratuits. Peut-être faudra-t-il longtemps avant que l'État reconnaisse l'urgence de ces obligations. Les conditions actuelles peuvent retarder notablement ces innovations et il est probable