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Le rapport de Held est si dense, si riche et imprégné de sa grande expérience clinique qu'il me serait difficile d'ajouter quoi que ce soit à ce qu'il vient de nous dire.
Aussi, les remarques que je vais faire sont-elles plutôt des questions que je lui pose. Si Held veut bien y répondre, il éclairera mieux encore pour nous tous sa position devant les problèmes traités.
Ainsi la souplesse dont il fait preuve lorsqu'il s'agit de faire passer un malade « du divan au fauteuil », comme il dit, ou encore au « face à face » mériterait d'être davantage explicitée. Je comprends bien que le malade, face au psychanalyste, est placé devant l'évidence de la réalité humaine de celui-ci, et qu'il est ainsi empêché de céder à son besoin de régression, mais est-ce le seul avantage que l'on puisse attendre de ce changement?
De même quand Held nous dit « qu'il ne faut demander aux psychothérapies d'inspiration psychanalytique que ce qu'elles peuvent donner », peut-il nous préciser davantage sa pensée et nous dire quelles sont, à son avis, la portée et les limites de ce genre de psychothérapies. Se bornent-elles, par exemple, à permettre au malade des répressions conscientes à la place de refoulements névrotiques?
Par ailleurs, en ce qui concerne l'absence, et ceci me paraît très très important — ou tout au moins l'atténuation — du climat émotionnel dans une psychothérapie de cet ordre, comparativement à ce qui se passe dans un traitement psychanalytique proprement dit avec ce que cela implique de réactions neuro-physiologiques, Held ne pense-t-il pas que cette atténuation du climat émotionnel réduit de beaucoup la possibilité de modifier l'ensemble de la personnalité?