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M'est-il permis de dire à quel point je regrette de ne pas assister à cette réunion dédiée à la mémoire de notre collègue et amie la princesse Marie Bonaparte.
Le programme de cette journée qui lui a été consacrée nous montre qu'on reconnaît pleinement le rôle qu'elle a joué dans la science de la psychanalyse et dans le mouvement psychanalytique. Elle a travaillé dans le champ de l'analyse clinique, théorique et appliquée. Elle a traduit, enseigné, elle a été analyste didactique et thérapeutique. Elle a fondé un Institut. Elle a participé sans lassitude à nos congrès ainsi qu'à l'organisation de l'International Psychoanalytic Association. Il ne reste pas grand-chose que je puisse ajouter à son actif.
Je désire cependant insister sur quelques autres points. Marie Bonaparte acceptait d'être un membre ordinaire de notre société psychanalytique, de prendre place parmi ceux qui travaillent, d'accomplir pendant bien des années la tâche quotidienne de l'analyse, et elle en était fière. Malgré cela, elle est restée un personnage extraordinaire, unique, remarquable entre tous.
Brillamment douée, elle éclipsait ses contemporains par la force d'une personnalité généreuse et énergique.
Elle regrettait quelquefois de ne pas être entrée dans l'analyse comme ses collègues, en apprenant simplement le métier. Elle y était entrée, au contraire, après avoir largement exploré le monde de la pensée, de la littérature, de la philosophie et de la science, à sa maturité, vivant pleinement sa vie. Elle y avait trouvé une façon nouvelle et passionnante de penser et de sentir, de voir le monde et soi-même, d'être plus profondément honnête vis-à-vis de soi et des autres, bref le