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Je pense que c'est la première fois depuis 1927 que Marie Bonaparte est absente d'un Congrès de l'Association psychanalytique internationale. Ni la maladie ni aucune autre considération n'ont pu la tenir éloignée de ces réunions et cela donne la mesure de son dévouement à la psychanalyse.
En devenant membre de l'Association psychanalytique internationale, elle réalisa un vieux rêve. Dans sa jeunesse, elle voulait devenir médecin. Son père qu'elle admirait, le prince Roland Bonaparte, lui-même homme de science brillant, le lui interdit, car à cette époque il n'était pas concevable que la fille d'une famille princière fît des études de médecine. Aussi fut-elle fière et heureuse lorsque, à quarante-cinq ans, elle fut reçue dans les rangs d'une association qui faisait profession de se consacrer à la recherche scientifique et à la thérapie. Ce fut avec l'approbation formelle de Freud qu'elle accéda au titre de membre de cette Association.
Plusieurs années auparavant, elle avait lu les œuvres de Freud et s'était intéressée si intensément à la psychanalyse qu'elle avait décidé de se faire analyser. En 1924, elle consulta le Dr René Laforgue alors l'un des très rares analystes à Paris. Elle lui resta reconnaissante de l'avoir adressée à Freud pour une analyse. Quand je l'ai rencontrée à Paris, au début de 1926, elle revenait de Vienne. Freud lui avait conseillé de se joindre au petit groupe d'analystes qui exerçaient en France, afin de fonder une société psychanalytique. Quelques mois plus tard fut organisée la Société psychanalytique de Paris dont Marie Bonaparte fut membre fondateur, et l'année suivante, au Congrès d'Innsbrück, la nouvelle société et ses membres furent admis au sein de l'Association psychanalytique internationale.
Quoique les études formelles à l'Université lui aient été refusées,