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Psychanalyse et biologie est, vous le savez, le titre d'un intéressant recueil publié par Marie Bonaparte.
Et c'est parce que nous sommes réunis aujourd'hui pour évoquer la mémoire de Marie Bonaparte et nous incliner devant son souvenir que j'ai choisi ce titre même comme point de départ de mon propos.
Obéissant à une tendance majeure de son esprit qui se voulait avant tout et par-dessus tout scientifique, Marie Bonaparte ne se préoccupait pas seulement d'établir certains rapprochements entre la psychanalyse et la biologie: elle souhaitait faire de la psychanalyse, à proprement parler, une science biologique. Elle suivait en cela Freud lui-même, qui considérait la psychanalyse comme une science biologique, ainsi qu'il apparaît dans beaucoup de ses écrits. Depuis les Études sur l'hystérie jusqu'à Au-delà du principe de plaisir nous voyons que l'énergie psychique est constamment reconnue comme une manifestation de l'activité cérébrale. La libido elle-même est considérée, en dernier ressort, comme la résultante d'une succession de processus biochimiques. Dans cette perspective, comment envisager les pulsions autrement que déterminées par des mécanismes neurophysiologiques? D'ailleurs Groddeck, Jellife, Schilder, F. Deutsch, pour ne citer que les auteurs les plus connus, n'ont-ils pas, précisément, étudié les manifestations psychiques en tant qu'expression de l'activité organique? Ces notions nous semblent si familières, si évidentes que l'on est tenté de s'étonner qu'elles aient suscité tant de travaux.