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J'ai choisi en hommage à la mémoire de notre fondatrice et collègue Marie Bonaparte ces quelques réflexions parce qu'il m'a semblé qu'elle se fût intéressée au problème que je me suis posé.
Si la démarche qui sera la mienne est un peu différente de la sienne dans ses écrits, l'intention est la même.
Le problème n'est pas nouveau: les critiques qui s'adressent à la psychanalyse depuis qu'elle est née n'ont pas changé. C'est une méthode irrationnelle. Elle ne nous apporte rien de nouveau. Nous la connaissons depuis toujours sous d'autres noms. Les différentes religions, en particulier les religions primitives, comportent des expériences tout à fait comparables et guérissent aussi bien, sinon mieux que la psychanalyse.
On peut se contenter, pour répondre à ces objections, d'analyser en termes de concepts psychanalytiques les expériences religieuses, mais ce n'est guère convaincant que pour un psychanalyste déjà convaincu. Nous voudrions aller plus loin et analyser comparativement les expériences psychanalytiques et religieuses. Nous tenterons donc de déceler la nature de certaines expériences religieuses pour voir en quoi elles sont différentes des expériences de la psychanalyse et nous verrons comment celle-ci, spécialement dans l'analyse didactique, risque en l'absence de certaines conditions, de mériter les reproches qui lui sont adressés.
Le chamanisme, si l'on en croit Mircea Eliade (1951) qui insiste un peu plus sur le chamanisme sibérien, est construit autour d'une expérience personnelle, mystique, que nous appellerons dépersonnalisation contrôlée, et contrôlée par des acquisitions sociales, parmi lesquelles un langage plus ou moins personnel, intégré en une mythologie socialement