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Il y a des siècles, lorsque l'on considérait que la folie se subdivisait simplement en trois parties: la manie, la mélancolie et la démence, Platon pensait que la manie n'était pas seulement une manifestation de la folie, mais aussi cet état d'égarement émotionnel et créateur qui est le propre du poète.
Je conviendrais volontiers que le poète, tout comme l'orateur, le prophète, l'artiste, l'acteur, le philosophe et le théologien, peut contribuer à élargir la compréhension psychanalytique de la manie. Pour citer un exemple, un théologien, Mgr Ronald Knox (1950) a écrit une étude sur L'enthousiasme tel qu'il apparaît dans la vie des grands religieux. Les prédicateurs, avec le langage qui leur est propre, fût-il le résultat d'une inspiration authentique ou d'un enthousiasme artificiel, nous mènent directement au cœur du problème, puisque chacun d'entre nous est à sa façon obligé de parler à ses patients de leurs relations avec eux-mêmes, leur société, leur Dieu ou leur « tout ».
Les analystes considèrent qu'il existe une grande variété méta-psychologique entre les différentes formes d'excitation et leur façon d'aborder le problème est très différente de la tendance traditionnelle à la nomenclature et aux classifications descriptives à partir desquelles le traitement sera entrepris. Lewin a dit récemment à Boston que l'extension que prend une conception psychanalytique de la psychiatrie contribue considérablement à substituer à une psychologie des fonctions dépassée un modèle dynamique plus utile. Cependant, dans une étude aussi brève que celle-ci, nous sommes obligés de nous contenter de résumer les conceptions les plus généralement admises sans insister