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Je m'intéresse depuis plusieurs années aux rapports de la claustrophobie et de la dépression, car j'ai été frappé depuis longtemps par la présence fréquente de ces deux symptômes chez le même patient. Il est banal de constater les alternances de dépression et de claustrophobie comme s'il y avait là une sorte de relation de réciprocité. Fréquemment, durant certains épisodes assez dramatiques du traitement, les interprétations ne réussissent à soulager fortement l'angoisse phobique que pour céder la place à un état mélancolique. A d'autres moments, un état dépressif n'est soulagé que pour donner lieu à une claustrophobie. Dans cet article, j'aimerais prendre note de ces observations et tenter de tirer quelques conclusions concernant l'inter-relation de ces deux entités cliniques. Ces conclusions suivront deux lignes principales:
La claustrophobie et la dépression sont étroitement liées phénoménologiquement, dynamiquement, structuralement, et génétiquement;
Le cycle claustrophobie-dépression, semble suivre le schéma suivant: claustrophobie (conservation de l'objet par la projection du conflit sur le claustrum), angoisse claustrophobique croissant en intensité et en extension, conduisant à la panique, au passage à l'acte (tentative désespérée pour nier la perte et conserver l'objet), culpabilité croissante, retrait de l'investissement objectai, dépression et reconstitution graduelle de la claustrophobie. Je ne fais aucune tentative ici pour délimiter les vicissitudes de la claustrophobie ou de la dépression dans leur relation à d'autres catégories nosologiques, telles que d'autres phobies, le caractère compulsif ou la névrose obsessionnelle, les toxicomanies, l'alcoolisme, la paranoïa, etc., bien que beaucoup de ce qui sera dit puisse trouver à s'appliquer à d'autres états également.