You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Le silence est un problème majeur dans le traitement des patients psychiatriques, la parole étant la base de la thérapeutique. De précédents auteurs (par exemple, Bergler, 1938-1947; Ferenczi, 1916; Fliess, 1949; Freud, 1914; Levy, 1958), ont décrit le silence comme un symptôme isolé, mais ils n'ont pas noté la signification de la triade de symptômes: silence, masochisme et dépression. Les patients qui présentent cette triade agissent leur silence, leur masochisme et leur dépression en dehors du traitement analytique aussi bien qu'à l'intérieur.
Ce groupe apparaît comme l'expression de la perte d'une relation très étroite et unique (Kaplan et Rank, 1960), avec la mère. Chaque fois que j'ai pu observer ce triple symptôme, il y a eu perte d'un statut antérieur entre dix-huit mois et trois ans, en relation avec un changement d'attitude ou une maladie de la mère, la naissance d'un autre enfant, ou quelque autre cause. Le syndrome peut survenir chez quelque enfant que ce soit, quoique plus fréquemment chez l'aîné. Cela suggère qu'une relation particulièrement fermée avec la mère est perdue, mais pas la mère elle-même: un point qu'il faut noter est que la perte totale de la mère n'a pas nécessairement pour effet de changements profonds.
A l'âge en question, avec l'établissement de la relation objectale, ni la parole, ni les ressources émotionnelles ne sont efficaces pour exprimer la sensation de perte d'un état antérieur et le sentiment d'une blessure dans l'estime de soi-même. Dans les situations où il n'y a pas de substituts ou de compensation pour la perte de cette position unique avec la mère, un schéma s'établit de sentiments de préjudice