You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Le traitement psychanalytique repose, nous le savons, sur certains échanges qui s'établissent entre le malade et son médecin, échanges à la fois provoqués et délimités par ce que nous appelons la situation analytique.
Mais tout échange entre êtres humains, de quelque ordre qu'il soit, n'est-il pas fondé sur la parole? Et celle-ci n'est-elle pas une sorte de pont jeté entre deux êtres humains qui, par elle, communiquent entre eux? Enfin, la technique psychanalytique classique en particulier, ne repose-t-elle pas essentiellement sur ces échanges verbaux? Le malade parle, le médecin commente ou interprète, et les prises de conscience, pivot de notre action thérapeutique, sont précisément le résultat des interprétations données.
Cet échange constant entre le malade et le médecin, ces réactions et inter-réactions qui forment la trame même du traitement psychanalytique ne sont donc possibles que par la parole, j'ajouterai même par la parole parlée traduisant dans l'immédiat le mouvement sous-jacent des affects: nul, en effet, n'a jamais songé à faire un traitement psychanalytique valable par correspondance, l'idée seule en paraît absurde.
Mais pourquoi, en fait, cette idée nous paraît-elle absurde? Pourquoi sommes-nous certains qu'il ne nous serait pas possible de donner des explications et des interprétations suffisamment efficaces à quelqu'un qui nous exposerait par lettre ses difficultés ou ses conflits, ou nous raconterait même minutieusement ses rêves? On me répondra aussitôt que la pierre angulaire du traitement psychanalytique est la libre association des idées, qui n'est réalisable que par la parole, laquelle livre dans l'immédiat presque sans élaboration consciente, ainsi que je le rappelais, les affects sous-jacents.
Mais à cette raison, qui en elle-même serait suffisante, j'en ajouterai