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Si Hérodote fut le « Père de l'Histoire », pour autant qu'en pointant l'amorce des temps, il a tiré l'homme de la nuit de la préhistoire, Freud apparaît bien comme celui du temps intérieur de l'homme. Poursuivant sa propre référence à Galilée et Darwin, nous pourrions dire que, ce que furent les révolutions de l'un pour le temps et l'espace physique, et de l'autre pour le temps de l'espèce, la révolution freudienne l'a été et l'est encore pour le temps psychologique.
Longue serait l'énumération des concepts phylogénétiques, onto-génétiques, métapsychologiques et techniques qui illustreraient l'importance de la réévaluation du temps psychique, apportée par la théorie freudienne. Mais sans doute, plus encore que l'universalité et la pérennité du complexe d'Œdipe, est-ce la notion d'intemporalité de l'Inconscient qui, introduisant celles de discontinuité et d'évolutivité dans l'histoire de l'homme a le plus bouleversé l'approche du temps humain, en nous permettant pour la première fois de franchir en quelque sorte le mur du temps intérieur.
Sans doute comme la mort, le temps nous est-il inconcevable. Tout au plus peut-il être imaginable à l'échelle des fantasmes de chacun et par là accéder à une possibilité de communication, sinon dans son immédiateté, du moins avec une certaine approximation.
« Le temps ne peut pas être le temps. » Je n'ai pas eu connaissance de l'exposé de Mme Jeanne Hersch en écrivant ces lignes: sans doute, son titre renvoie-t-il d'abord à cette impossibilité de concevoir le temps.